mardi 13 décembre 2016

L'assommoir (T.7) - Emile Zola

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Pour ma première écoute d'un roman audio, j'ai choisi de partir sur un grand classique que je n'avais pas le courage de lire. L'assommoir. 
Et comme il figurait dans ma liste des "1001 livres à lire", d'une pierre deux coups, j'en ai profité pour l'alléger.

Lorsque le livre fût fini je me suis rendue compte qu'il faisait partie d'une saga familiale de 20 livres "Les Rougon-Macquart" écrit par Emile Zola. (Lire l'article rédigé à ce propos.)


L'assommoir - Emile Zola
Saga : "Les Rougon-Macquart" - Tome 7
Couverture du livre papier :
Ed. Le livre de Poche
Gervaise Macquart, fille d'Antoine Macquart et Joséphine Gavaudan, suit son amant Auguste Lantier pour vivre à Paris avec leurs 2 enfants. La pauvreté le fait fuir. Gervaise reste seule avec ses enfants, travaille pour s'en sortir. C'est alors qu'elle rencontre Coupeau, un homme charmant, ouvrier zingueur, qui ne boit pas, l'opposé de Lantier. L'histoire commence.

Assommoir : n.m. 1. Débit de boisson de dernière catégorie ; 2. Piège à bascule destiné à assommer les carnassiers et les rongeurs.
Tout est dit.
Ce roman baigne dans l'alcool, le fatalisme et la résignation. On s'habitue à tout. Même au pire laissant ainsi s'envoler les fermes résolutions prisent 20 ans plus tôt. L'homme est une bête qui s'adapte autant aux bonnes choses qu'aux mauvaises à condition qu'on l'y amène doucement. De petites résignations acceptables en petites résignations, il arrive vite à une situation d'excès des plus intolérable.

Le côté "naturalisme" de l'écriture est respecté avec soin et détails. On est dans un quartier de Paris, au XIXème siècle, avec ses commérages et la vie des ouvriers. Le tableau du peuple parisien est très réussi. La force de ce livre est d'avoir réussi, avec le même personnage, à nous montrer la richesse et la pauvreté, même si l'esprit général reste la pauvreté et la saleté du peuple ouvrier.
L'histoire est écrite du point vue extérieur. On suit essentiellement la vie de Gervaise sur plus de 20 ans mais l'on apprend en pointillés ce qui se passe dans différents foyers de l'immeuble où elle vit et dans son quartier. On s'attache à des personnages, on a pitié d'autres, on en déteste certains.
La fin se devine dès le chapitre 10/13 mais l'on continue tout de même, à la façon d'une concierge pour tout savoir.


Ce livre obtient la note de 4*/5* car on survol tout, y compris les personnages secondaires, pour pouvoir en dire le maximum. Pour les rues qu'ils traversent en revanche, le livre en main on peut refaire les trajets à pied dans Paris. Il y a trop de longues descriptions pour certaines choses, pas assez pour d'autres comme si le sujet principal était la ville, l'atmosphère générale, la vie d'un quartier et qu'on utilisait des personnages pour animer les lieux. C'est cohérent avec le côté naturalisme mais pour moi cela a créé une petite distance. Un côté un peu "commérage de quartier". On sait qu'un tel fait ceci et cela et c'est tout, pas de sentiments pas d'opinons, juste des faits.

Ce livre est typiquement un livre qui m'aurait ennuyé à lire avec ses longues phrases, parfois complexes et ce flot de détails, mais à écouter c'est parfait. L'écriture fluide et travaillée d'Emile Zola nous berce. On se laisse guider de chapitre en chapitre, moment de vie par moment de vie. On ne voit pas passer les 19h20 d'écoute.


Moi qui n'avais lu que Thérèse Raquin au collège, un super coup de coeur, cela me donne vraiment envie de découvrir toute la saga en audio.


Ce livre figure dans la liste 
des "1001 livres à lire"

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