dimanche 1 mai 2016

Dialogue avec mon jardinier - Henri Cueco

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••• Livre Coup de Coeur •••

Pour le mois d'avril, j'ai participé à la lecture commune organisée par Parlons Livres autour de ce livre qui attendait désespérément dans ma PAL depuis... des années ! 
Et je ne regrette pas, ce live est un beau coup de coeur.
Voici ma chronique...

Dialogue avec mon jardinier
Henri Cueco
Ed. du Seuil - 2000
Collection : Points
Genre : Littérature française
2 hommes. L'un peint, l'autre jardine. L'un est le patron, l'autre l'employé. 2 mondes se retrouvent après le travail pour discuter simplement de jardin et de peinture. De la vie et de ressentit... 2 univers se rencontrent et s'enrichissent. Un échange permanent. Une belle histoire.

"Ce qui est beau, c'est ce qui fait plaisir à voir, voilà, c'est simple..."

On découvre ces 2 personnages petit à petit, au fil de discussions, en même temps que les personnages eux-mêmes. Les paroles banales deviennent personnelles. Un lien se créé entre ces 2 hommes si différents. 2 univers sociales. 2 caractères. 2 visions de la vie. 2 sensibilités. 1 amitié naissante.

"Il vaut mieux crever d'un coup, pas vrai ? Crac, et bonsoir la compagnie... On arrive au ciel en meilleure forme, on n'a pas le eu le temps de se gâter."

Livre uniquement écrit sous forme de dialogue, comme son titre l'indique, a quelques rares didascalies (en italique) commentent des faits.
Les personnages ne sont jamais nommés mais cela n'a aucune importance car les mots, le vocabulaire et les expressions utilisaient par le jardinier ne sont pas les mêmes que ceux du peintre. On sait toujours qui parle.

L'écriture est fluide et agréable. Chaque phrase a un but même lorsque l'on en a pas l'impression. C'est rythmé, léger et très doux. On se sent bien avec eux, là simplement à profiter du moment présent.
Le dialogue d'apparence simpliste est loin d'être niais. En arrière plan l'auteur pointe de vraies différences sociétales et de la vie de la mort, sans pour autant faire de morale. Cela permet simplement de nous faire prendre conscience des choses. A nous d'en faire ce que l'on veut.

"Je ne sais pas. Le miroir, la glace, c'est quand on veut faire le beau, quand on veut s'arrêter de travailler. Pour travailler, on a pas besoin de se regarder."

1ère couverture du livre
La 4ème de couverture* nous dit juste ce qu'il faut pour que l'on puisse situer le contexte et placer les personnages. Rien de plus. Cela reflète tout à fait le texte. On a qu'une envie : découvrir ces 2 hommes !

Pour la réédition du livre, les éditions Points ont choisi l'affiche du film pour leur nouvelle couverture. Serte on retrouve le lien entre les personnages mais la scène qu'elle illustre ne figure pas dans le livre. Elle doit certainement exister dans le film mais pas ici, c'est dommage. La première couverture était beaucoup plus pertinente et avait un vrai lien avec toute l'histoire.

"La femme, c'est mon jardin de la nuit"

Ce livre est un beau coup de coeur. Il obtient logiquement la note de 5*/5*.
Je ne vous dirais pas à quel moment, mais j'ai même versé ma petite larme. Ce qui est plutôt rare ! Ce livre m'a ému autant par sa légèreté et sa fausse simplicité que par ces 2 personnages auxquels on s'attache rapidement.
Chose encore plus rare, cette lecture m'a donné envie de voir le film pour prolonger ce moment. Un peu comme pour mon livre préféré "Des souris et des hommes" de John Steinbeck. Je pense que je relirais ce livre.
Cela m'a également donné envie de lire d'autres livres d'Henri Cueco que j'ai découvert ici. Ma PAL va encore s'agrandir ;)


* La 4ème de couverture : L'un peint la beauté, les doigts trempés dans les gouaches ; l'autre la cultive, les mains plongées dans la terre. L'un est le patron, l'autre l'employé. Après le travail, ils parlent. Entre les salades qui montent et les "belles fesses" des citrouilles, le peintre et le jardinier se rencontrent, se trouvent. Un dialogue inattendu, moqueur et franc, empreint de simplicité et de tendresse, de gravité parfois, de profondeur toujours."

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