lundi 28 mars 2016

Le vieux qui lisait des romans d'amour - Luis Sepulveda

LE MONDE DE LANGUE DELIEE  >  CHRONIQUE  > ADULTE  >  ROMAN

Aujourd'hui je participe à la lecture commune organisée par Parlons Livres avec le livre "Le vieux qui lisait des romans d'amour" de Luis Sepulveda. 
Et comme depuis plusieurs années ce livre attendait dans ma PAL c'est donc l'occasion idéal pour enfin le lire. 
Voici ma petite chronique :)

Le vieux qui lisait des romans d'amour
Luis Sepulveda
Ed. Seuil - 1992 - Collection Points
Genre : Littérature étrangère

Un homme, le vieux, l'un des premiers colons à être venu s'installer à El Idilio dans l'espoir que la roue tourne. Inculte mais ouvert d'esprit, il apprend la jungle. Apprend le respect de la vie, de la nature, des êtres. Aujourd'hui son passe temps préféré est de lire. Lire des romans d'amour. L'amour. Le vrai. Celui des sentiments.

"- Nous sommes comment ? questionnaient-ils.
- Sympathiques comme une bande de ouistitis, bavards comme des perroquets saouls, et hurleurs comme des diables."

Ce petit livre de 120 pages, est un condensé de vie. Caché derrière le personnage du vieux, l'auteur nous fait une véritable critique social de cette époque (XXème siècle) où des colons envahissent un territoire pour le détruire dans un complet irrespect des populations locales et de l'environnement. 2 mondes. 2 traditions. 2 points de vue. 2 modes de vie.

"Antonio José Bolivar essayait de mettre des limites à l'action des colons qui détruisaient la forêt pour édifier cette oeuvre maîtresse de l'homme civilisé : le désert."

L'écriture est crue, franche, brutale et intense. Les mots sont posés sans chichi, sans joli emballage. On nous montre les choses telles qu'elles sont, reflétant ainsi l'état d'esprit et univers de l'époque.
L'histoire est fluide et bien écrite. Dès les premières lignes on est plongé dans l'ambiance et le monde d'El Idilio. On la lit d'une traite sans s'en rendre compte. En une poignet d'heures le livre est déjà fini.

"D'où te viennent toutes ces pensées ? Allons, Antonio José Bolivar. Allons, vieux. Sous quelles plantes sont-elles à l'affût ? Est-ce que la peur t'a trouvé, est-ce que tu peux plus rien faire pour t'en cacher ? Si c'est ça, alors les yeux de la peur peuvent te voir, comme tu vois les lueurs de l'aube entrer par les fentes entre les bambous."

Les personnages sont haut en couleurs. Tous ont une place, plus ou moins grande, avec un rôle précis. Sans superflus. Nous suivons la vie du vieux, Antonio, en alternant entre présent et passé qui nous permet de le découvrir petit à petit avec son caractère bien trempé qui est malgré tout il est touchant.
Le fil conducteur du livre, la touche de douceur, est le rapport du livre et du vieux. Les romans d'amour. Comment passe-t-on de la naissance d'un lecteur à un passionné qui ne veut s'en passer ? L'imaginaire. L'évasion. D'autres vies irréelles.

Ce livre nous pousse à voir les choses tout en évitant les morales. On le prend tel que et on en fait ce qu'on veut en fonction de notre état d'esprit et mentalité.
Pour toutes ces choses, il mérite largement sa note de 5*/5*.
A mettre entre toutes les mains !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire